Contexte  

Associant patrimoine naturel et culturel, les parcs et jardins historiques constituent des milieux fortement anthropisés, pour certains depuis des siècles, accueillant paradoxalement différentes formes de nature. Au-delà de leurs valeurs hautement culturelles qui en font des témoignages patrimoniaux – transmis de génération en génération – les parcs historiques accueillent de nombreuses fonctions essentielles de production (jardin de simples, potager, vergers, pépinières, boisement forestier), de régulation (réseau hydrauliques) ou encore socioculturelles (art, loisirs actifs, détente, bien-être).

La diversité des milieux abrités propices à certaines espèces de faune et de flore fait des parcs historiques des lieux privilégiés pour le développement de stratégies environnementales intégrées susceptibles de participer aux engagements de l’Union européenne en matière de restauration de la nature. L’approche holistique envisage notamment un renforcement de la biodiversité déjà présente et l’introduction de nouvelles pratiques d’entretien et de gestion dans une perspective d’adaptation aux effets déjà perceptibles du changement climatique qu’il s’agisse de la perte de diversité floristique, l’assèchement des réseaux d’alimentation et des sols ou la multiplication des problèmes sanitaires touchant le patrimoine végétal.

Objectifs Scientifiques : évaluation comparative de la biodiversité présente dans les parcs et jardins historiques – définition d’un cadre de référence (indicateurs de biodiversité / gradients d’intensité de gestion) – application à un nombre limité de parcs historiques.

Objectifs de sensibilisation des acteurs de terrains (propriétaires et gestionnaires) aux notions de biodiversité.

Accompagnement dans l’objectivation des valeurs de biodiversité dans une perspective de gestion durable et soutenable des parcs historiques. Formation des étudiants en architecture des jardins, architecture du paysage et bioingénieurs à la gestion des parcs et jardins historiques dans le contexte de l’érosion de la biodiversité et du dérèglement climatique (résilience).

Grâce aux compétences associées des chercheurs, experts et acteurs de terrain, propriétaires et gestionnaires privés et publics, ce projet allie recherche fondamentale et appliquée, activités pédagogiques de sensibilisation et de formation avec les acteurs de terrain.

Les enjeux, les objectifs et les diverses actions menées dans le cadre du projet de recherche Bio/Pat. sont détaillés sur la page dédiée du site de la Haute Ecole Charlemagne : Etude de la biodiversité dans les parcs et jardins historiques / 2021-2022

Actions menées en 2021-2022  

Un appel à participation lancé en juillet 2021 avec l’aide d’associations actives dans la préservation du patrimoine a récolté plus de 75 réponses positives de propriétaires/gestionnaires (privés/publics) désireux de s’intégrer dans une démarche de valorisation de la biodiversité en parcs historiques. Durant l’année académique 2021-2022, une trentaine de parcs et jardins représentatifs du patrimoine paysager historique et paysager du pays a fait l’objet d’études exploratoires encadrées.

Le 22 avril 2022, une journée de rencontre (Namur, Cap Nord, SPW) a rassemblé près de 80 acteurs de terrains parmi lesquels des propriétaires et gestionnaires de parcs historiques des trois régions du pays ainsi qu’un public élargi concerné par la conservation, la valorisation et la gestion durable et soutenable des parcs et jardins historiques. Les conférences ont été données par divers acteurs issus d’organismes et institutions en charge de la gestion du patrimoine et de l’environnement, du monde académique ainsi que des experts et des gestionnaires de parcs historiques privés et publics.

Programme : Bio_pat_programme journée 23_04

Compte-rendu : Bio_pat_compte rendu_journée 23_04

LIEN vers l’émission « Les Eclaireurs » consacrée au projet Bio/Pat : https://www.rtbf.be/emission/les-eclaireurs

Perspectives 2023-2025

Grâce au financement du département Recherche de  la Haute Ecole Charlemagne, le projet Bio/Pat se poursuit en 2023-2025 avec de nouvelles études de parcs associées à un focus sur la biodiversité des zones humides. Ces développements permettront d’améliorer l’outil d’évaluation de la biodiversité construit en 2021-2022, d’apporter un éclairage spécifique sur la faune (macroinvertébrés) et la flore (macrophytes) aquatiques, enfin de tester l’utilisation d’une application numérique dédiée à la gestion de la biodiversité (BioPlanner) développée au sein de l’Axe Biodiversité et Paysage de Gembloux Agro-Bio Tech.

En partenariat avec l’AWaP, une nouvelle Journée de rencontre des acteurs de terrain sera organisée au printemps 2025 aux Moulins de Meuse à Beez (Namur).